ARBITRE DE FOOT

Arbitre (football)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arbitre et Arbitre sportif.
Walter Eschweiler, arbitre international de 1970 à 1984.

Un arbitre de football est un sportif qui participe au déroulement d'une rencontre de ce sport. Il est un spécialiste des Lois du jeu chargé de veiller à leur application pour assurer la sécurité des joueurs et la régularité de la compétition.

 

 

Compétences et obligations de l'arbitre[modifier | modifier le code]

Différents postes[modifier | modifier le code]

Un arbitre peut occuper différents postes :

  • Arbitre central : il circule sur le terrain avec les joueurs et exerce seul l'autorité.
  • Arbitre assistant (anciennement juge de touche) : au nombre de deux, ils sont présents le long de chacune des lignes de touche. Ils assistent l'arbitre central notamment dans la détection du hors-jeu et des sorties de balle, mais aussi pour les fautes et incorrections commises hors du champ de vision de l'arbitre ou pour lesquelles ils ont un meilleur angle de vue.
  • Arbitre additionnel : depuis 2008, l'IFAB autorise la présence d'un arbitre additionnel derrière chacun des buts. On retrouve ces deux arbitres additionnels principalement dans les compétitions professionnelles ou internationales. Leur rôle est d'assister l'arbitre central dans la détection des fautes à l'intérieur ou aux abords de la surface de réparation, mais aussi d'aider à la validation des buts.
  • Arbitre remplaçant (dit quatrième arbitre) : présent dans certaines compétitions professionnelles ou internationales, il se place entre les bancs de touche et a pour mission d'assurer la discipline parmi les remplaçants et leur encadrement. C'est lui aussi qui affiche les remplacements et le temps additionnel (en général au moyen d'un panneau lumineux prévu à cet effet). Le cas échéant, il remplace l'arbitre ou un assistant défaillant.

Histoire[modifier | modifier le code]

Trio arbitral

Lors de la genèse du jeu, on comptait sur le fair-play des joueurs pour la bonne tenue des parties. L'arbitrage était alors le fait des deux capitaines. Les pères du jeu considéraient en effet qu'une faute ne pouvait être intentionnelle… Ce vœu pieux de fair-play et d'autogestion était utopique, et nombre de parties dégénéraient. Aussi, dès 1847 à Eton, peut-être avant, deux « umpires » surveillent les buts, qui n'ont pas encore de filets. À Winchester, en 1847 également, on précise même que l'un des umpires doit posséder une montre et appeler la mi-temps et la fin du match. Harrow va plus loin, toujours en 1847, en rendant les décisions arbitrales définitives, dépossédant ainsi les capitaines de leurs anciens pouvoirs dans ce domaine. En 1849, à Cheltenham, on décide que les capitaines désigneront toujours les umpires, ces derniers devant s'entendre pour nommer un referee. Les umpires, un dans chaque camp, restent sur le terrain, tandis que le referee est installé en tribune. Si les umpires ne peuvent tomber d'accord sur une décision, c'est le referee qui tranche.

Le referee passe des tribunes au centre du terrain au début des années 1890, repoussant les deux umpires sur les lignes de touche. Cette évolution fait suite aux nombreux problèmes que posait le double arbitrage. De plus, les équipes de l'époque, contrairement à une idée répandue, n'étaient pas du tout « fair-play » ; il fallait donc sévir. On inventa ainsi toute une batterie de sanctions, tel le penalty (1891), et l'arbitre unique devint « omnipotent », c'est-à-dire responsable d'un match de A à Z. En août 1891, le trio arbitral tel que nous le connaissons aujourd'hui est formé.

4e arbitre de football

Dès 1996, les juges de touche sont appelés arbitres assistants ; ils assistent en effet l'arbitre central dans ses décisions, notamment quand celui-ci a un doute au sujet d'une action litigieuse (par exemple : franchissement de la ligne de but d'un ballon, responsabilité des protagonistes dans une bagarre, faute dans le dos de l'arbitre, etc.).

4 arbitres marocains

Le sujet sur la vidéo est emblématique du dynamisme qui anime le débat sur les règles de ce sport. On dénombre ainsi de nombreuses évolutions, plus ou moins heureuses : règle du hors-jeu, but en or lors de la prolongation, visionnage vidéo après la rencontre pour établir une sanction, communication radio entre arbitres assistants et arbitre central, etc.

L'arbitrage au football a longtemps été exclusivement masculin et le reste encore aujourd'hui très majoritairement. Nicole Petignat, arbitre suisse désormais retraitée, a été la première femme à officier en Coupe de l'UEFA (AIK Stockholm - Fylkyr Reykjavik), le 14 août 2003.

Usage du sifflet[modifier | modifier le code]

Les arbitres utilisent un sifflet pour indiquer le début ou la reprise du jeu, pour arrêter le jeu en raison d'une infraction ou d'une blessure, ou pour indiquer que le temps de jeu est écoulé. L'utilisation des sifflets n'est pas mandatée par les Lois du Jeu.

Avant l'introduction du sifflet, les arbitres ont indiqué leurs décisions en agitant un mouchoir blanc. Les premiers sifflets qui ont été adoptés par des arbitres ont été faits par Joseph Hudson, Mills Munitions à Birmingham, en Angleterre. L'ACME Sifflet Company (basée à Mills Munitions Factory) a commencé à produire en masse des sifflets de pois dans les années 1870 pour le Service de la police métropolitaine. Il est souvent indiqué que le sifflet de l'arbitre a d'abord été utilisé dans un match entre Nottingham Forest et Sheffield Norfolk en 1878, mais il se peut que le sifflet ait déjà été utilisé dès 1874. En effet, le livre de comptes de Nottingham Forest de 1872 a enregistré l'achat d'un "sifflet pour arbitre" et, en 1928, un article de RM Ruck, joueur au début des années 1870, fait référence à l'utilisation d'un sifflet par les arbitres pour indiquer une infraction.

Le coup de sifflet n'a pas été mentionné dans les Lois du jeu jusqu'en 1936, quand une décision de l'IFAB (Board) a ajouté une note dans la Loi 2, en déclarant que « le contrôle d'un arbitre sur les joueurs en cas de faute ou decomportement discourtois commence à partir du moment où il pénètre sur le terrain de jeu, mais sa compétence en relation avec les Lois du jeu commence à partir du moment où il siffle pour que le jeu démarre ».

Arbitrage vidéo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arbitrage vidéo.

Dans l'histoire du football, les arbitres furent souvent la cible des joueurs, des médias ou des spectateurs, notamment depuis que les décisions arbitrales sont soumises à la critique avec l'apparition de la vidéo et a son perfectionnement qui permet aux téléspectateurs et aux spectateurs (par exemple avec la retransmission sur les écrans du stade) de revoir les actions de jeu sous les différents angles proposées par les multiples caméras. La mise en place d'un arbitrage vidéo pour aider l'arbitrage d'un match est devenu un débat récurrent dans le monde du football, surtout dans les médias, avec ses partisans et ses opposants.

Plusieurs faits de jeu célèbres ont alimenté ce débat.

Le 23 juin 1998, à l'occasion d'un match de poule de la Coupe du monde opposant le Brésil et la Norvège, une tempête médiatique se lève contre l'arbitre de la rencontre, l'américain Esfandiar Baharmast, qui a accordé un penalty aux Norvégiens à la 86e minute. Le penalty transformé offre la victoire à la Norvège et une qualification inespérée pour celle-ci, au détriment du Maroc, inutile vainqueur 3-0 de l'Écosse. Les 17 caméras de télévision officielles ne montrent en effet aucun contact entre les deux joueurs. Et le débat sur l'arbitrage vidéo est relancé. L'arbitre américain est traîné dans la boue pendant 48 heures, tandis que la FIFA est vivement critiquée car elle refuse toute évolution concernant l'arbitrage vidéo. Deux jours après le match, une télévision suédoise rend publiques les images prises par l'une de ses caméras privées… et elles montrent clairement que le joueur brésilien attrape par le maillot le joueur norvégien : il y avait bien penalty. Les 17 caméras ne l'avaient pas vu, mais l'arbitre si. C'est presque un cas d'école, qui a d'autant plus de retentissement qu'il se déroule à l'occasion de la Coupe du monde. FIFA, UEFA et Board, historiquement clairement défavorables à cette solution technologique, se sont alors trouvés renforcés dans leurs convictions.

Le 9 juillet 2006, lors de la finale de la Coupe du monde 2006Zinédine Zidane assène un violent coup de tête à la poitrine à l'Italien Marco Materazzi. L'action de jeu étant de l'autre côté du terrain, l'arbitre n'a pas vu cette agression et ses 2 arbitres assistants non plus. Il est alerté par le quatrième arbitre, via ses écouteurs, qui lui annonce avoir vu la scène. Il fait semblant de consulter l'un de ses arbitres assistants puis se dirige vers Zinédine Zidane pour lui sortir un carton rouge d'expulsion1. La polémique enfle alors et certains (dont le sélectionneur français Raymond Domenech) assurent que le quatrième arbitre avait vu la scène, non pas en direct, mais… sur son écran de contrôle. Ce dernier a toujours nié. Une contre-expertise2 contredit cette affirmation avec plusieurs arguments : le quatrième arbitre était penché sur le moniteur dévoilant les ralentis vidéo, une reconstitution 3D montre qu'il lui était très difficile de voir l'action directement depuis sa situation et le délai pour appliquer la sanction par l'arbitre a été très long (2 minutes).

Le 18 novembre 2009, lors du match France - Irlande, match de barrage pour la qualification pour la Coupe du monde 2010Thierry Henry est dans la surface de réparation de l'équipe d'Irlande, juste à gauche du but, lorsque le ballon rebondit accidentellement sur sa main. Il pousse ensuite volontairement de la main le ballon vers son pied droit pour faire une passe à William Gallas qui marque le but de la qualification. La vidéo montra la faute évidente de la main. Mais ni l'arbitre ni l'arbitre assistant ne pouvaient voir cette faute puisque Thierry Henry était caché par d'autres joueurs. Sans vidéo, la faute ne pouvait être vue par les arbitres, le but, synonyme de qualification pour la France, est donc accordé. Ce match a créé une très vive polémique dans le monde du football.

Le 18 octobre 2013, à la 70e minute du match Hoffenheim – Bayer Leverkusen, match du championnat allemand, Stefan Kiessling, joueur du Bayer Leverkusen, plaça le ballon de la tête, suite à un coup de pied de coin (corner), dans le filet latéral à l'extérieur du but. Mais le filet était troué à cet endroit et le ballon rentra donc dans le but. L’arbitre, pourtant placé au bon endroit pour le tir d'un corner, se trouva pratiquement dans l'axe de la trajectoire du ballon et ne pouvait donc pas voir le ballon rentrer par l'extérieur du filet latéral, il valida alors ce but fantôme alors que la vidéo montra clairement l'erreur.

De nombreux anciens footballeurs, occupant aujourd'hui des responsabilités dans le monde du football, sont opposés à l'arbitrage vidéo comme Michel PlatiniFranz BeckenbauerPeléDejan Savićević ou George Weah3,4. C'est aussi le cas de certains sociologues, comme Jacques Blociszewski5, auteur de Le match de football télévisé6, des arbitres comme Stéphane Lannoy7, de journalistes tels que Daniel Riolo8 ainsi que des Cahiers du football9. L'actuel gardien de l'ArgentineSergio Romero, s'est lui aussi récemment prononcé contre la vidéo, expliquant que le football est « pour les malins »10.

À l'inverse, Frédéric Thiriez, président la Ligue professionnelle française, se déclare intéressé en mars 2005.

Le 8 mars 2008, à l'occasion de sa 122e réunion annuelle, le Board (l'instance qui détermine et fait évoluer les règles du football) suspend, jusqu'à nouvel ordre, les options technologiques après des essais peu concluants d'arbitrage vidéo faits au Japon et les difficultés techniques rencontrées par les équipes travaillant sur le contrôle de la ligne de but par des moyens électroniques. En revanche, le Board autorise la mise en place de tests avec deux arbitres assistants supplémentaires pour surveiller les surfaces de réparation11.

Technologie sur la ligne de but[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Technologie sur la ligne de but.

C'est un dispositif électronique et/ou vidéo d'assistance à l'arbitrage, utilisé pour déterminer de façon certaine si un ballon a franchi entièrement ou non la ligne de but. Testé en Premier League anglaise et par la FIFA lors de certaines compétitions (Coupes du monde des clubs en 2012 et en 2013 et Coupe des confédérations 2013), il a été pour la première fois utilisé à grande échelle lors de la Coupe du monde de football de 2014 au Brésil. Il prévient d'un signal l'arbitre central via une montre spéciale si la balle a franchi intégralement la ligne de but.

Spray pour marquer la distance lors de coups francs[modifier | modifier le code]

Une autre innovation introduite lors de la Coupe du monde de football de 2014 au Brésil, mais déjà utilisée auparavant dans certaines compétitions, notamment en Amérique du Sud, est l'utilisation d'une bombe aérosol12 pour marquer la distance à respecter lors de coups francs. Lorsqu'il le juge nécessaire (par exemple sur un coup franc à proximité des buts), l'arbitre peut pulvériser de la mousse à l'aide du spray qu'il porte sur lui (accroché par un dispositif à son short) pour matérialiser la distance réglementaire : il trace ainsi un arc de cercle à l'endroit où se trouve le ballon pour l'exécution du franc et une ligne à 9,15 m ; le mur doit se tenir derrière cette ligne. Cela permet ainsi d'éviter que certains joueurs essaient de gagner quelques centimètres sans que l'arbitre ne s'en rende compte.

Arbitres internationaux[modifier | modifier le code]

La FIFA sélectionne les arbitres admis à officier dans les compétitions internationales. Ils sont choisis parmi les arbitres des plus hautes catégories nationales. Il existe deux filières à ce niveau : les arbitres centraux et les arbitres assistants spécialistes. Chaque filière est divisée en catégories hiérarchiques.

Le passage d'une catégorie à l'autre est subordonné à l'obtention de notes conformes puisque les arbitres internationaux sont observés sur tous leurs matches. Des tests réguliers sont également effectués (théorie, technique, physique, linguistique…).

Les arbitres internationaux sont agréés par la FIFA mais leur classement se fait au sein de leur confédération.

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